Fixer et calculer son TJM de développeur freelance

Comment passer d'un revenu visé à un taux journalier, pourquoi les jours facturés ne sont pas les jours travaillés, et comment compter les demi-journées sans se tromper.

Freelance6 min de lecture

A week of coding time per day, per project and per assistant, with the billable amount
Dans ce guide
  1. Ce qu'est un TJM
  2. Partir du revenu, pas du marché
  3. Compter les jours facturables
  4. Jours travaillés, jours facturés
  5. Les demi-journées
  6. Ce que fait Inlinr
  7. Sources

Le taux journalier moyen, ou TJM, est le prix d'une journée de travail facturée à un client. C'est le chiffre que l'on négocie le plus souvent en freelance, et celui que l'on calcule le moins : on le cale sur ce que demande le voisin, puis on découvre en fin d'année qu'il ne couvre pas les mois sans mission.

Ce qu'est un TJM

Un TJM est un prix hors taxes, par jour facturé. Ce n'est pas un salaire journalier : il doit payer les cotisations sociales, l'impôt, le matériel, les logiciels, l'assurance, la comptabilité, et surtout les jours où vous ne facturez rien.

« Moyen » rappelle qu'un même freelance peut pratiquer plusieurs taux selon le client ou la mission. Ce qui compte pour votre revenu, c'est la moyenne réellement encaissée sur l'année, pas le taux affiché sur le meilleur contrat.

Partir du revenu, pas du marché

Le calcul tient en une division : le chiffre d'affaires dont vous avez besoin, divisé par le nombre de jours que vous facturerez vraiment.

  1. Le revenu net visé sur l'année, ce que vous voulez garder.
  2. Les prélèvements : cotisations sociales et impôt. Leur poids dépend de votre statut (micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU, portage salarial) ; un expert-comptable ou le simulateur de votre organisme vous donne le bon ordre de grandeur.
  3. Les frais : matériel, abonnements, assurance responsabilité civile professionnelle, comptable, déplacements, formation.
  4. La somme des trois est le chiffre d'affaires hors taxes à atteindre. Divisé par les jours facturables, c'est votre TJM plancher.

Le marché sert ensuite à vérifier, pas à fixer : si votre plancher est au-dessus de ce que paient les clients que vous visez, il faut changer de clients, de spécialité ou de nombre de jours, pas baisser le taux en espérant que ça passe.

Compter les jours facturables

C'est l'étape où la plupart des calculs se trompent, en divisant par 220 ou 250 jours. Partez de l'année et retirez ce qui ne se facture pas :

  • les week-ends, environ 104 jours ;
  • les jours fériés qui tombent en semaine : la loi en compte onze, dont une partie tombe chaque année un samedi ou un dimanche ;
  • vos congés, que personne ne vous paie ;
  • le temps non facturable : prospection, devis, comptabilité, formation, veille ;
  • l'intercontrat, les semaines entre deux missions, et les jours de maladie.

Un exemple, avec des hypothèses qui ne sont que des hypothèses : 365 jours, moins 104 de week-end, 8 fériés en semaine, 25 de congés, 18 de temps non facturable et 20 d'intercontrat, laissent 190 jours facturables. Pour 90 000 € de chiffre d'affaires hors taxes, cela donne 90 000 / 190 ≈ 474 €, soit un TJM d'environ 475 €. Avec 220 jours, le même besoin donnerait 409 € : 66 € de moins par jour, et un trou de plus de 12 000 € en fin d'année si les 30 jours manquants ne viennent pas.

Jours travaillés, jours facturés

Un jour travaillé n'est pas forcément un jour facturé. La réunion de lancement que le client considère comme offerte, la correction d'un bug livré la semaine précédente, la journée passée sur un devis : vous avez travaillé, vous ne facturez pas.

L'inverse existe aussi : une journée facturée peut contenir peu de temps devant l'éditeur, quand elle est faite d'ateliers, de lecture de code ou d'attente d'une mise en production. Le TJM vend une disponibilité sur une journée, pas un nombre de minutes de frappe.

Ce qui compte est que la règle soit écrite dans le contrat ou le bon de commande : combien d'heures fait une journée, si une journée longue compte pour plus d'un jour (en général, non), et comment se comptent les journées incomplètes.

Les demi-journées

La plupart des contrats au TJM prévoient la demi-journée comme plus petite unité. Trois règles se rencontrent :

  • Demi-journées : jusqu'à la moitié d'une journée, une demi-journée ; au-delà, une journée.
  • Journées entières : toute date travaillée compte pour un jour. Simple, mais à réserver aux missions où l'on ne travaille jamais quelques heures seulement.
  • Au prorata : les heures du jour divisées par le nombre d'heures d'une journée, plafonné à un jour. C'est revenir à un taux horaire.

Le taux horaire équivalent se déduit du TJM : 475 € pour une journée de 7 heures font environ 68 € de l'heure. C'est utile pour une réunion ponctuelle ou un devis au forfait, pas pour remplacer le TJM dans le contrat.

Ce que fait Inlinr

Un projet peut être facturé à l'heure ou à la journée. À la journée, vous saisissez le TJM et la durée d'une journée (7 heures par défaut) ; Inlinr en garde l'équivalent horaire pour les saisies manuelles et les estimations.

Chaque date du brouillon de facture compte des jours selon la règle du projet : demi-journées par défaut (jusqu'à la moitié des heures d'une journée, ½ ; au-delà, 1), journées entières, ou heures divisées par les heures d'une journée. Sous un minimum, 30 minutes par défaut, une date ne compte rien. Avant d'émettre la facture, chaque date se règle à la main sur 0, ½ ou 1 : la règle propose, vous décidez.

Une date n'est jamais facturée plus d'une journée, toutes factures confondues, et le temps qui arrive sur un jour déjà facturé est proposé à part. Le temps lui-même vient de l'éditeur ; la façon dont il est compté est décrite dans le guide sur le décompte du temps (en anglais).

Sources

Sur vos propres projets

Inlinr compte les jours de chaque date selon la règle du projet, vous laisse corriger chaque date à 0, ½ ou 1 sur le brouillon, et ne facture jamais deux fois le même jour.

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